« Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »
(Matthieu 21, 32)
Laquelle des deux repentances ?
→ Deux mots grecs, « Metanoeo » et « Metamellomai », sont souvent traduits de la même manière : « se repentir ». Pourtant, une subtile différence existe entre ces deux « repentances ». « Metanoeo » fait appel à la pensée, tandis que « Metamellomai » (rare : cinq fois seulement dans le Nouveau Testament, dont deux dans ce passage) se réfère à un changement émotionnel, et ne signifie rien d’autre que du regret, même accompagné de remords.
→ Ainsi, le fils qui dit clairement son refus d’aller à la vigne de son père a du remords. Finalement, il y va, bien qu’il n’ait pas vu son frère y aller. Aucun remords chez les grands prêtres ni chez les anciens du peuple. Pourtant, eux, ils ont vu des femmes et des hommes se mettre en mouvement. Ce ne sont pas leurs émotions qui guident ces femmes et ces hommes : ce sont leurs cœurs touchés par « celui qui crie dans le désert » (NB : Jean le Baptiste). Ils ont vu et ils ont cru.
→ À quel niveau les paroles et les actes de Jésus me touchent-ils ? Celui des émotions ou celui de l’esprit ? « Metamellomai » peut me faire regarder en arrière et regretter. « Metanoeo » m’invite à me tourner autrement, à changer de pensée, de direction, et finalement de vie. La question n’est donc peut-être pas seulement : Est-ce que les paroles de Jésus m’émeuvent ? Mais : Est-ce qu’elles me déplacent ?